Une série de progrès importants sont enregistrés depuis peu dans la lutte contre le paludisme. Cette maladie parasitaire demeure certes un problème majeur de santé publique dans différentes régions du monde et, tout particulièrement, sur le continent africain.
Elle a ainsi été à l'origine, en 2009, de près de 800.000 morts prématurées dans les pays africains subsahariens, les victimes étant le plus souvent des enfants âgés de moins de cinq ans, fait savoir M. Jean-Yves Nau
Mais pour dramatique qu'il soit, un tel bilan ne doit toutefois pas faire oublier le contexte général. C'est ainsi que la lutte menée contre ce fléau parasitaire transmis par des moustiques a, ces dix dernières années, permis de réduire de moitié la mortalité dans plus de dix pays d'Afrique.
Un progrès qui permet d'espérer que l'objectif fixé à l'horizon 2015 -parvenir à l'élimination de la maladie dans dix autres pays- pourra être atteint.
L'ESPOIR EST DANS LES VACCINS
Les recherches actuelles contre le principal parasite du paludisme (Plasmodium falciparum), qui a pour caractéristique d'être doté d'une grande variabilité génétique (ce qui complique notablement la tâche vaccinale) sont basées sur les antigènes issus de différents stades du cycle évolutif parasitaire:
vaccins expérimentaux visant à empêcher une forme du parasite (le sporozoïte) de pénétrer ou de se développer dans les cellules du foie; vaccins visant à empêcher une autre forme du parasite (les mérozoïtes) de pénétrer ou de se développer dans les globules rouges ou hématies;
vaccins bloquant la transmission parasitaire en produisant des anticorps, empêchant la maturation des stades sexués du parasite chez le moustique anophèle.
C'est dans ce contexte que s'inscrit une toute récente et encourageante information. Elle concerne les résultats d'un essai clinique préliminaire (soutenu financièrement par la Commission européenne de coopération EuropeAid) et portant sur un nouveau vaccin antipaludéen expérimenté au Burkina Faso.
Cet essai avait alors concerné 45 enfants âgés de 12 à 24 mois. Ils avaient reçu soit le vaccin expérimental, soit un vaccin contre l'hépatite virale de type B.
Cet essai avait notamment reçu l'aval du Comité national d'éthique du Burkina Faso. Le vaccin MSP3 a été fabriqué par la société de biotechnologie Synprosis qui, assurent les chercheurs, n'a joué aucun rôle dans la conduite de l'étude.
Il ne s'agissait pas ici de mesurer à proprement parler de l'efficacité du vaccin. Toutefois, pour surveiller sa sécurité d'emploi, une surveillance passive de tous les épisodes de maladie, y compris les épisodes cliniques de paludisme, avait été mise en place et maintenue dans cette région où le taux de transmission est particulièrement élevé (plus de 200 piqûres infectées par personne et par an).
Le seul vaccin faisant l'objet d'un essai clinique de phase III (dernière étape avant la mise sur le marché) est actuellement expérimenté dans sept pays d'Afrique.
Il s'agit du vaccin RTSS, développé par la multinationale pharmaceutique britannique GlaxoSmithKline. Les premiers résultats sont également attendus pour 2012.
Les résultats de la phase II des essais de ce vaccin avaient été publiés en 2008. Ils montraient une protection partielle, avec une efficacité de 53% chez les jeunes enfants et de 65% chez les nourrissons.
Si les prochains résultats d'efficacité et d'innocuité correspondent aux attentes de ses promoteurs, ce vaccin pourrait commencer à être commercialisé dès l'an prochain. Reste à savoir où -et à quel prix.
(AfriqueJet)


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